Exemple de commentaire composé au bac : La princesse de Clèves – la scène du bal (3/4)

Comme nous l’avions annoncé, voici un premier exemple de commentaire composé consacré à la scène de bal de La princesse de Clèves.

L’élève de première mis en situation de devoir commenter l’extrait le plus connu de La Princesse de Clèves de Madame de Lafayette – la scène de bal où la princesse et le duc de Nemours se rencontrent – pourra envisager l’introduction, le plan et la conclusion d’après l’exemple qui suit. Nous attirons l’attention sur la nécessité de composer un plan en deux parties ou trois parties maximum distinctes. Chacune des sous-parties mentionnées sous forme de titres correspond à ce que l’on appelle communément des axes de lecture. Notez qu’au moment de la rédaction, ces titres ne figureront plus dans le texte que vous soumettrez à la correction.

Vous prendrez soin de souligner les titres des œuvres et de soigner la présentation prise en compte au même titre que l’orthographe dans la notation globale.

Extrait de La Princesse de Clèves de Mme de La Fayette (1678) :
Un grand bal se prépare à la cour du roi Henri II pour les fiançailles du duc de Lorraine avec Claude de France, fille du roi. Elle passa tout le jour des fiançailles chez elle à se parer, pour se trouver le soir au bal et au festin royal qui se faisaient au Louvre. Lorsqu’elle arriva, l’on admira sa beauté et sa parure ; le bal commença, et comme elle dansait avec monsieur de Guise, il se fit un assez grand bruit vers la porte de la salle, comme de quelqu’un qui entrait, et à qui on faisait place. Madame de Clèves acheva de danser et pendant qu’elle cherchait des yeux quelqu’un qu’elle avait dessein de prendre, le roi lui cria de prendre celui qui arrivait. Elle se tourna, et vit un homme qu’elle crut d’abord ne pouvoir être que monsieur de Nemours, qui passait par-dessus quelques sièges pour arriver où l’on dansait. Ce prince était fait d’une sorte, qu’il était difficile de n’être pas surprise de le voir quand on ne l’avait jamais vu, surtout ce soir-là, où le soin qu’il avait pris de se parer augmentait encore l’air brillant qui était dans sa personne ; mais il était difficile aussi de voir madame de Clèves pour la première fois, sans avoir un grand étonnement. Monsieur de Nemours fut tellement surpris de sa beauté, que, lorsqu’il fut proche d’elle, et qu’elle lui fit la révérence, il ne put s’empêcher de donner des marques de son admiration. Quand ils commencèrent à danser, il s’éleva dans la salle un murmure de louanges. Le roi et les reines se souvinrent qu’ils ne s’étaient jamais vus, et trouvèrent quelque chose de singulier de les voir danser ensemble sans se connaître. Ils les appelèrent quand ils eurent fini, sans leur donner le loisir de parler à personne, et leur demandèrent s’ils n’avaient pas bien envie de savoir qui ils étaient, et s’ils ne s’en doutaient point. — Pour moi, Madame, dit monsieur de Nemours, je n’ai pas d’incertitude ; mais comme madame de Clèves n’a pas les mêmes raisons pour deviner qui je suis que celles que j’ai pour la reconnaître, je voudrais bien que Votre Majesté eût la bonté de lui apprendre mon nom. — Je crois, dit madame la dauphine, qu’elle le sait aussi bien que vous savez le sien. — Je vous assure, Madame, reprit madame de Clèves, qui paraissait un peu embarrassée, que je ne devine pas si bien que vous pensez. Vous devinez fort bien, répondit madame la dauphine ; et il y a même quelque chose d’obligeant pour monsieur de Nemours, à ne vouloir pas avouer que vous le connaissez sans l’avoir jamais vu. La reine les interrompit pour faire continuer le bal ; monsieur de Nemours prit la reine dauphine. Cette princesse était d’une parfaite beauté, et avait paru telle aux yeux de monsieur de Nemours, avant qu’il allât en Flandre ; mais de tout le soir, il ne put admirer que madame de Clèves. Le chevalier de Guise, qui l’adorait toujours, était à ses pieds, et ce qui se venait de passer lui avait donné une douleur sensible. Il prit comme un présage, que la fortune destinait monsieur de Nemours à être amoureux de madame de Clèves ; et soit qu’en effet il eût paru quelque trouble sur son visage, ou que la jalousie fit voir au chevalier de Guise au-delà de la vérité, il crut qu’elle avait été touchée de la vue de ce prince, et il ne put s’empêcher de lui dire que monsieur de Nemours était bien heureux de commencer à être connu d’elle, par une aventure qui avait quelque chose de galant et d’extraordinaire. Madame de Clèves revint chez elle, l’esprit si rempli de tout ce qui s’était passé au bal, que, quoiqu’il fût fort tard, elle alla dans la chambre de sa mère pour lui en rendre compte ; et elle lui loua monsieur de Nemours avec un certain air qui donna à madame de Chartres la même pensée qu’avait eue le chevalier de Guise.

Introduction

Madame de Lafayette a écrit La Princesse de Clèves en 1678. Ce roman historique raconte l’histoire d’amour impossible entre la princesse de Clèves et le duc de Nemours sur fond de cour à la fin du règne d’Henri II au détour des années 1558-1559.
La scène de bal marque la première rencontre entre la princesse de Clèves et le duc de Nemours. Dans la perspective de montrer en quoi cette scène est marquée par la fatalité, nous nous intéresserons d’abord aux circonstances de cette rencontre puis analyserons le coup de foudre naissant et réciproque avant d’évoquer la fatalité d’un amour impossible.

Plan détaillé

I- Les circonstances de la rencontre
1) Les personnages sur fond de décor prestigieux
2) La scène de bal
3) Une rencontre « théâtrale »
II- Le coup de foudre
1) Les deux protagonistes
2) L’échange des regards
3) Le trouble de la Princesse de Clèves
III- La fatalité d’un amour impossible
1) Deux exceptions
2) Le roi et le destin
3) La fatalité

Conclusion

Au terme de notre analyse, l’on se rend compte que cette scène de bal est marquée sous le sceau de la fatalité. Tout dans cette rencontre – le décor prestigieux de la cour, le bal propice au désir amoureux, la beauté exceptionnelle des deux protagonistes – semble suggérer une histoire d’amour entre deux êtres d’exception. Le destin en décidera autrement. Cet amour contient en germe les prémices d’une tragédie que la suite du roman confirme.

Nota Bene

L’introduction et la conclusion pourraient être étoffées. Dans le cas présent, il s’agit de laisser à l’élève la possibilité de bien visualiser la structure type d’une introduction et d’une conclusion. Lorsque l’élève maîtrisera parfaitement l’exercice du point de vue de la méthodologie, il pourra nourrir son texte d’informations supplémentaires.

Nous terminerons demain cette série consacrée au commentaire composé de l’épreuve de français au baccalauréat pour un deuxième exemple consacré à la tirade finale de Sganarelle dans Dom Juan.

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Vanina Gé
Professeur de français aux Cours Thierry
J'interviens avec le souci constant de répondre au plus près des besoins des élèves de collège et de lycée dans un espace inédit de travail en petits groupes.

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