Sujet de français pour bien préparer le brevet : un texte autobiographique

A titre d’exemple ou d’entraînement, voici un sujet de français de type brevet, basé sur un texte autobiographique. Dans un premier temps, nous rappelons les compétences nécessaires pour aborder ce type de sujet. Puis nous traitons les questions posées et les exercices de réécriture. Pour la production écrite, de réflexion ou d’invention, nous nous contentons de proposer des sujets possibles.

L’épreuve du brevet comprend en plus une dictée d’une vingtaine de minutes.

Il est important de s’entraîner à réaliser aussi régulièrement que possible des sujets type brevet. Ils vous permettront de faire le point à tous les niveaux dans la mesure où de nombreuses compétences sont attendues :

  • Compétences de compréhension à travers une série de questions sur le texte proposé. Il faut prendre garde à bien rédiger ses réponses en plus de travailler la sensibilité au texte (les figures de styles, la progression d’un texte, etc.).
  • Compétences grammaticales et lexicales. Toutes les bases grammaticales acquises depuis la 6ème sont utiles. Les questions de grammaire, la dictée et l’exercice de réécriture y font appel.
  • Compétences d’expression écrite : l’exercice de commentaire d’image à mettre en lien avec le texte proposé est le premier exercice véritable d’expression. Vient ensuite l’épreuve de rédaction : un sujet au choix de réflexion ou d’imagination.

Le sujet type brevet est un exercice complet qui permet à l’élève de faire le point sur ses connaissances et mesurer s’il est enfin prêt pour se confronter à des exercices de niveau supérieur au lycée, et notamment en première, à l’épreuve anticipée de français.

Le sujet type brevet

Texte : la reconstruction du passé

Un jeudi après-midi du printemps ou de l’été 1944, nous allâmes en promenade dans la forêt, emportant nos goûters, ou plutôt, sans doute, ce que l’on nous avait dit être nos goûters, dans des musettes. Nous arrivâmes dans une clairière, où nous attendait un groupe de maquisards. Nous leur donnâmes nos musettes. Je me souviens que je fus très fier de comprendre que cette rencontre n’était pas du tout le fait du hasard et que la promenade habituelle du jeudi n’avait été cette fois que le prétexte choisi pour aller ravitailler les Résistants. Je crois qu’ils étaient une douzaine : nous, les enfants, devions bien être trente. Pour moi, évidemment, c’étaient des adultes, mais je pense maintenant qu’ils ne devaient pas avoir beaucoup plus de vingt ans. La plupart portaient la barbe. Quelques-uns seulement avaient des armes ; l’un deux en particulier portait des grenades qui pendaient à ses bretelles et c’est ce détail qui me frappa le plus. Je sais aujourd’hui que c’était des grenades défensives, que l’on jette pour se protéger en se repliant et dont l’enveloppe d’acier guilloché explose en centaines de fragments meurtriers, et non des grenades offensives, que l’on lance devant soi avant d’aller à l’assaut et qui font plus de peur et de bruit que de mal. Je ne me rappelle pas si cette promenade fut exceptionnelle, ou si elle se renouvela plusieurs fois. C’est longtemps après que j’appris que les directrices du collège « étaient dans la Résistance ».
Georges Perec, W ou le souvenir d’enfance, Editions Denoël, 1975.

Notes

  • Musettes : sacs de toile portés en bandoulière.
  • Maquisards : pendant la seconde guerre mondiale, combattants cachés qui s’opposaient aux ennemis.
  • Guilloché : gravé.

Questions (sur 20 points)

  1. A quel genre littéraire appartient ce texte ? Relever deux indices différents.
  2. Relever deux occurrences du pronom « je » correspondant chacune à une époque de la vie du narrateur. Justifier.
  3. Quelles sont les deux valeurs du présent utilisé entre « Je sais aujourd’hui… » et « … plus de peur et de bruit que de mal ». Justifier à l’aide du contexte. Citer trois autres emplois du présent de votre connaissance.
  4. Relever deux verbes utilisés à deux temps différents et justifier leur emploi.
  5. En vous appuyant sur un passage précis du texte, dire pourquoi l’anecdote rapportée dans cet extrait a marqué le narrateur enfant.
  6. Relever les indices qui permettent de situer le souvenir évoqué dans l’Histoire. En quoi le souvenir d’enfance est-il ainsi valorisé ?
  7. Relever deux expressions du texte qui marquent une incertitude du narrateur. Comment s’expliquent-elles ? Quel effet produisent-elles ?
  8. A deux reprises, l’adulte qui raconte rectifie une impression inexacte de l’enfant qu’il a été. Quel est l’intérêt de chacune de ces remarques ?

Exercices de réécriture

  1. Réécrire l’extrait suivant à la 3ème personne du pluriel :
    • Celui qui revient des cinémas de la ville arrive un peu plus tard. Il rit encore mais de temps en temps, il paraît fatigué et songeur. Il reste dans la rue, allant et venant sur le trottoir d’en face. Les jeunes filles du quartier, en cheveux, se tiennent par le bras. Le jeune homme s’arrange pour les croiser et il lance des plaisanteries dont elles rient en détournant la tête. Les lampes de la rue s’allument alors brusquement et elles font pâlir les premières étoiles qui montent dans la nuit.
  2. Réécrire au passé composé les phrases suivantes :
    1. Les premières étoiles montent dans la nuit.
    2. Les lampent de la rue s’allument.
    3. Celles qui reviennent du cinéma.
    4. Il écrit des lettres
    5. Les lettres qu’il écrit

Production écrite

Voici les deux sujets qui pourraient être donnés au brevet. Il faut traiter l’un des deux sujets au choix :

Sujet de réflexion

Pourquoi l’enfance est-elle une période privilégiée de l’autobiographie ? Répondre à la question dans un développement argumenté et organisé en prenant appui sur une expérience ou des lectures personnelles. Quarante lignes minimum.

Sujet d’invention

Evoquez un épisode de votre enfance. Comme Georges Perec, vous introduirez trois commentaires au présent de l’énonciation pour exprimer vos incertitudes ou votre jugement présent sur ce souvenir. Vous veillerez à utiliser le vocabulaire du souvenir. Quarante lignes minimum.

W ou le souvenir d'enfance

Corrigé des questions et de la réécriture

Réponses aux questions

  1. A quel genre littéraire appartient ce texte ? Relever deux indices différents.
    • Cet extrait tiré de W ou le souvenir d’enfance de Georges Perec relève du genre autobiographique. L’auteur relate un souvenir d’enfance (« nous, les enfants ») et s’exprime à la première personne du singulier (sept occurrences du pronom « Je »).
  2. Relever deux occurrences du pronom « je » correspondant chacune à une époque de la vie du narrateur. Justifier.
    • Le pronom personnel « je » désigne tantôt le narrateur enfant (« je fus très fier ») tantôt le narrateur adulte au moment où il écrit (« je ne me rappelle plus »).
  3. Quelles sont les deux valeurs du présent utilisé entre « Je sais aujourd’hui… » et « … plus de peur et de bruit que de mal ». Justifier à l’aide du contexte. Citer trois autres emplois du présent de votre connaissance.
    • Les deux valeurs du présent sont : le présent d’énonciation (« Je sais aujourd’hui ») et le présent de vérité générale (« des grenades … que l’on jette … dont l’enveloppe explose »).
    • Trois autres emplois du présent :
      • le présent d’habitude qui indique des faits qui se répètent
      • le présent de description dans un passage narratif (les faits se déroulent au passé)
      • le présent désignant le passé proche ou le futur proche (« J’arrive à l’instant », « J’arrive tout de suite »)
  4. Relever deux verbes utilisés à deux temps différents et justifier leur emploi.
    • On note l’emploi du passé simple (« je fus ») qui désigne l’enfant et le présent de l’indicatif qui désigne le narrateur adulte (« Je ne me souviens pas », « je sais aujourd’hui ». Le premier correspond au temps du passé à travers le regard de l’enfant et le second au moment de l’écriture.
  5. En vous appuyant sur un passage précis du texte, dire pourquoi l’anecdote rapportée dans cet extrait a marqué le narrateur enfant.
    • Le narrateur enfant est particulièrement marqué par la présence d’une artillerie (« des grenades qui pendaient à ses bretelles »). Le narrateur précise de manière explicite « c’est ce détail qui me frappa le plus ». Ce détail contraste avec les musettes des enfants totalement inoffensives contrairement aux « grenades ».
  6. Relever les indices qui permettent de situer le souvenir évoqué dans l’Histoire. En quoi le souvenir d’enfance est-il ainsi valorisé ?
    • Le complément circonstanciel de temps (« Un jeudi après-midi… 1944 ») situe le souvenir avec précision à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. A l’époque le jeudi est un jour de congé pour les enfants. Les adverbes de temps (« maintenant », « aujourd’hui ») soulignent la distance temporelle qui sépare le vécu du présent de l’énonciation.
  7. Relever deux expressions du texte qui marquent une incertitude du narrateur. Comment s’expliquent-elles ? Quel effet produisent-elles ?
    • Les expressions « Je ne me rappelle plus », « je ne sais pas » sont des modalisateurs d’incertitude. Elles nous mettent en présence de l’acte de remémoration. Elles accentuent le temps qui sépare l’enfance de l’âge adulte et soulignent la fragilité des souvenirs.
  8. A deux reprises, l’adulte qui raconte rectifie une impression inexacte de l’enfant qu’il a été. Quel est l’intérêt de chacune de ces remarques ?
    • Ces remarques mettent en évidence que le moment raconté n’est pas en rapport avec le moment où le narrateur raconte, d’où l’emploi du passé simple. Ainsi l’auteur accentue le contraste entre le moment qu’il a vécu dans le passé et le moment où il le décrit.

Réécriture

  1. A la troisième personne du pluriel :
    • Ceux qui reviennent des cinémas de la ville arrivent un peu plus tard. Ils rient encore mais de temps en temps, il paraissent fatigués et songeurs. Ils restent dans la rue, allant et venant sur le trottoir d’en face. Les jeunes filles du quartier, en cheveux, se tiennent par le bras. Les jeunes hommes s’arrangent pour les croiser et ils lancent des plaisanteries dont elles rient en détournant la tête. Les lampes de la rue s’allument alors brusquement et elles font pâlir les premières étoiles qui montent dans la nuit.
  2. Au passé composé :
    1. Les premières étoiles sont montées.
    2. Les lampes de la rue se sont allumées.
    3. Celles qui sont revenues du cinéma.
    4. Il a écrit des lettres.
    5. Les lettres qu’il a écrites.

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