Dès la classe de seconde, les lycéens de la voie générale doivent choisir trois enseignements de spécialité. L’enjeu est important à plus d’un titre mais un grand nombre d’élèves sont indécis.
Comment choisir ses spécialités en seconde lorsqu’on n’a pas encore formé de projet précis ? Voici nos pistes de réflexion.
Sommaire
Faut-il choisir ses spécialités en fonction de Parcoursup ?
Une première difficulté réside dans le fait que pour un même diplôme, le choix des spécialités n’est pas standard à toutes les écoles. Chacune d’elles est autonome dans ses choix de sélection Parcoursup.
Ainsi par exemple, certaines écoles d’architecture, bien qu’elles délivrent toutes le même diplôme national, recrutent davantage parmi les profils scientifiques alors que d’autres préfèrent des profils artistiques. De même pour les préparations en médecine : certaines préparations PASS préconisent physique-chimie et mathématiques tandis que d’autres préfèrent physique-chimie et SVT.
Si l’élève a déjà une idée des études qu’il souhaite poursuivre après le bac, nous lui recommandons de consulter dès aujourd’hui la carte des formations Parcoursup pour mener à bien son projet. En effet, chaque fiche formation indique les combinaisons de spécialités qui, couplées à la moyenne générale, ont permis aux lycéens d’accéder plus fréquemment à la formation souhaitée.
Si l’élève n’a pas encore de vocation, alors disons-le d’emblée : fonder ses choix de spécialités en seconde selon des vœux Parcoursup effectués deux ans plus tard constitue à nos yeux, non seulement une erreur stratégique, mais surtout une occasion ratée de rendre ses deux dernières années de lycée épanouissantes. L’erreur stratégique est d’imaginer que les deux années à venir vont se dérouler selon un plan établi d’avance : nul ne sait comment vont évoluer l’adolescent et ses désirs d’orientation.
Le choix effectué en classe de seconde ne peut certes pas être laissé à la seule spontanéité. Mais plutôt que de tenter de se dessiner un avenir tout tracé, les jeunes lycéens chercheront à ouvrir un spectre des possibles correspondant à leurs aspirations naturelles. Les élèves indécis ont encore du temps devant eux pour construire progressivement leur projet d’orientation, plutôt que de s’intéresser précisément aux critères de sélection des écoles.
Les élèves indécis pourront d’ores et déjà consulter de manière approfondie les programmes des enseignements de spécialité.
Quand le projet d’études est déjà connu
Pour ceux qui ont la chance de savoir déjà vers quelles études ils s’orienteront, voici les associations de spécialités pour certaines filières classiques.
Écoles d’ingénieurs
Les élèves visant une école d’ingénieurs privilégieront les spécialités mathématiques et physique-chimie. La troisième spécialité pourra être :
- Sciences de la Vie et de la Terre (SVT)
- Numérique et Sciences Informatiques (NSI)
- Sciences de l’ingénieur (SI)
Le choix de SVT permet de garder ouverte la possibilité de s’orienter vers les prépas BCPST qui mènent vers certaines écoles d’ingénieurs ou vétérinaires.
Qu’il s’agisse de s’orienter vers des classes préparatoires scientifiques (PSI, PCSI, PTSI, MP2I ou BCPST) ou vers une école d’ingénieurs post-bac, il faut dans la plupart des cas conserver la spécialité mathématiques en terminale.
En cas d’orientation vers les classes préparatoires, il faudra choisir sa deuxième spécialité conservée entre physique-chimie, SVT, NSI ou SI selon son projet. Pour l’orientation en école d’ingénieur post-bac, le choix de la seconde spécialité est plus ouvert : il convient de se renseigner auprès de l’école visée.
Les Cours Thierry sont notamment en mesure de proposer aux lycéens un soutien hebdomadaire ou des stages de physique-chimie.
Donc, pour les élèves visant les écoles d’ingénieurs
- En 1ère : Mathématiques, Physique-chimie, SVT offrent un spectre large.
- En terminale : Mathématiques et au choix Physique-Chimie, SVT, NSI ou SI selon le projet.
Écoles de commerce
Les lycéens intéressés par une prépa économique et commerciale (ECG) ou par une école de commerce post-bac devront choisir la spécialité mathématiques, au moins en première.
En cas d’abandon de cette spécialité en terminale, il sera préférable d’opter pour l’option mathématiques complémentaires, notamment utile pour certains concours ouvrant la voie aux écoles de commerce et de management.
Conserver la spécialité mathématiques en terminale permettra de postuler aux classes préparatoires. En dehors de cette spécialité, le choix est plutôt ouvert. La spécialité SES paraît plutôt logique, sans être obligatoire. Un bon niveau d’anglais est souvent requis (LLCER). De nombreuses combinaisons étant possibles, c’est l’opportunité pour les élèves de choisir selon leur propre goût.
Donc, pour les élèves visant les écoles de commerce
- Mathématiques en 1ère et deux autres spécialités selon son goût.
- Choisir l’option mathématiques complémentaires en terminale si on ne conserve pas la spécialité.
Études de santé
Deux filières (PASS et LAS) coexistent pour les études de santé.
PASS
Les études de médecine passent notamment par le Parcours d’Accès Spécifique Santé (PASS).
Pour ce qui constitue la principale voie d’accès aux métiers de la médecine, l’association des 3 spécialités physique-chimie, mathématiques et SVT constitue un profil scientifique cohérent. En terminale, selon les établissements d’accueil, abandonner la SVT ou les mathématiques, au profit de l’option mathématiques complémentaires.
LAS
Les élèves désireux de suivre des études de santé peuvent également se tourner vers les Licences Accès Santé (LAS). Ce parcours consiste à se préparer aux écoles de médecine et de santé en parallèle à un cursus universitaire dans un autre domaine (sciences humaines, lettres, droit, etc.). C’est pourquoi le choix des spécialités doit correspondre à celui du cursus universitaire choisi.
Donc, pour les études de santé & médecine
- Filière PASS
- En 1ère : Physique-chimie, Mathématiques et SVT
- Selon son projet en terminale, arrêter SVT ou Mathématiques (au profit de l’option mathématiques complémentaires)
- Filière LAS : choisir ses spécialités selon son goût pour un cursus universitaire peu contraignant afin de préparer en parallèle une candidature aux études de santé.
Sciences humaines et études littéraires
Nous mettons dans la même catégorie les sciences humaines et sociales (Sciences Po, IEP, etc) et les études littéraires (prépa hypokhâgne) parce qu’elles ont la particularité de recruter des profils divers, quelles que soient les spécialités choisies.
Les élèves auront donc d’autant plus de chances d’être admis qu’ils auront de bons résultats. Nous leur conseillons donc de choisir leurs spécialités selon leurs préférences pour constituer un dossier Parcoursup séduisant.
La seule contrainte concerne les élèves qui seraient intéressés par la prépa lettres et sciences sociales (khâgne B/L) qui exige la spécialité mathématiques. Celle-ci peut toutefois être abandonnée en terminale au profit de l’option mathématiques complémentaires.
Précisons que certaines formations – telle Sciences Po – sont particulièrement attentives aux notes de l’écrit et de l’oral de français. Les Cours Thierry pourraient donc s’avérer très utiles à tous les élèves souhaitant améliorer leurs résultats dans cette matière grâce à nos stages ou cours hebdomadaires de français.
Donc, pour les sciences humaines et sociales et les études littéraires
- Choisir ses spécialités selon son goût pour obtenir de bons résultats.
- La spécialité Mathématiques est nécessaire pour la prépa B/L.
Quand on n’a pas encore de projet précis
Nombreux sont les élèves de seconde qui n’ont qu’une vague idée de leur projet d’orientation après le bac. Donnons-leur ici quelques pistes de réflexion.
Faut-il choisir la spécialité mathématiques ?
Prendre ou ne pas prendre la spécialité mathématiques ? C’est souvent la première question que se posent les élèves. En effet, cela fait bien longtemps que les mathématiques constituent en France la matière de sélection par excellence. Et j’entends parfois, des élèves ou de leurs parents, des phrases telles que :
- « A partir de maintenant, les maths sont ma priorité ! »
- « Mon fils m’assure qu’il sera très sérieux l’année prochaine ».
Soyons lucides ! Les élèves ne changent pas complètement d’une année sur l’autre même s’ils veulent le croire. Si les difficultés en mathématiques sont apparues dès la seconde, il est fort probable qu’elles se perpétueront les années suivantes.
Voudriez-vous connaître mon avis sur les capacités d’un lycéen à s’engager dans la spécialité mathématiques ? Je pourrais faire sa connaissance à l’occasion d’un cours ou d’un stage de mathématiques et vous donner mon point de vue éclairé sur la question.
Cette question devra d’ailleurs être mise en perspective : choisir les mathématiques dans quel but ? Est-ce la seule voie pour y parvenir ?
Les autres critères de Parcoursup
La plateforme Parcoursup met en avant plusieurs critères de sélection autres que les choix de telle ou telle spécialité. Elle précise que les dossiers sont examinés, non pas par des algorithmes, mais par des commissions pédagogiques constituées d’enseignants, qui prennent notamment en compte les résultats, mais aussi la motivation à rejoindre la formation.
Qu’est-ce qu’on appelle la motivation ? C’est la capacité à convaincre l’interlocuteur qu’on est capable de réussir dans la formation visée en mentionnant :
- son sens des responsabilités
- sa capacité à l’autonomie
- peut-être des engagements personnels
- des centres d’intérêt en lien avec la formation.
Tout cela fait écho à l’examinateur du dossier et le convainc de la place que l’on mérite au sein de cette formation.
Par-delà le choix des spécialités, la motivation d’un élève – et les bons résultats qui en découlent – augmentent considérablement la qualité d’un dossier Parcoursup. Un élève motivé et qui progresse est un élève qui s’intéresse aux matières qu’il suit et qui forme des projets dans lesquels il se reconnaît. Donc un lycéen peut et doit assumer ses centres d’intérêt dans le choix de ses spécialités.
Dédramatisons : tout ne se joue pas en seconde
Les lycéens abandonnent une des trois spécialités lors de l’entrée en terminale. Les élèves de seconde auront encore un an pour décider laquelle. Cette troisième spécialité peut être choisie pour le plaisir de s’instruire selon ses goûts avant de trancher au profit du projet d’études supérieures. Elle peut aussi être choisie comme une alternative crédible en cas d’incertitude sur les projets d’avenir.
Rares sont les cas pour lesquels les trois spécialités sont déterminantes pour le choix d’études supérieures. Il s’agit donc de trouver l’équilibre entre les spécialités choisies dans une rationalité d’orientation post-bac et celles choisies comme une ouverture intellectuelle ou artistique.
Les élèves de seconde peuvent donc sans grand dommage faire un choix porté par la simple curiosité pour la troisième spécialité, voire même pour deux spécialités sur les trois. Ils pourront, à la fin de la première, abandonner la spécialité la moins déterminante pour leur avenir.
Fondateur et professeur aux Cours Thierry, j’enseigne les mathématiques depuis 2002. D’abord comme professeur particulier, à présent j’anime une équipe de professeurs au sein des Cours Thierry afin de proposer un accompagnement scolaire en mathématiques, physique-chimie et français.
