Exposé – Français Classe de 1ère (1/3)

Les exposés sont régulièrement proposés aux élèves de première pour approfondir les notions clefs des oeuvres étudiées. Il s’agira de relire l’oeuvre à la lumière d’une question spécifique. Le plan adopté tiendra compte de la présentation de l’auteur, de l’oeuvre et du contexte historique mais aussi de l’analyse du terme clef. Le soin
apporté au traitement du sujet constitue un véritable atout dans la préparation du candidat au bac français à l’écrit comme à l’oral. L’élève a tout intérêt à réaliser des exposés.

Molière, Dom Juan(1665)

Exemple commentaire composé Dom Juan

Dom Juan et la religion

La religion de référence est le catholicisme, une religion d’Etat. L’athéisme n’est jamais avoué. Or le personnage de Dom juan scandalise en 1665 par son comportement libertin c’est-à-dire libre par la pensée au point de vouloir s’affranchir du dogme religieux et libre dans les moeurs puisqu’il est un séducteur invétéré. Cette position est intenable au XVIIème siècle qui condamne l’athéisme. Il convient de noter cependant qu’au XVIIème, de nombreux penseurs refusent d’admettre les dogmes des églises: les amis d’étude de Molière et le philosophe Gassendi qui enseigne les mathématiques au Collège de France suit les traces de Galilée qui a été condamné par l’Eglise en 1636 pour avoir affirmé « E pur si muove » « Et pourtant elle tourne » en parlant de la terre. C’est à la lumière de ce contexte que l’on peut apprécier la pièce de théâtre dont le dénouement sanctionne le personnage.

I- L’athéisme de Dom Juan ou le refus du surnaturel

L’athéisme de Dom Juan se manifeste essentiellement de trois façons:

    • par son refus du surnaturel d’abord: acte III, scène 1, Dom Juan ne répond que par des onomatopées exclamatives à la question de savoir s’il croit en Dieu ou pas (Eh, Oui, Oui,
      Ah! Ah!). Par ailleurs, il ne réagit pas lorsque Sganarelle essaie de le convaincre (par des arguments) de l’existence de Dieu.
    • Par son raisonnement rationnel: le raisonnement qu’il développe acte III, scène 1 fait pendant au raisonnement de Sganarelle. Il s’agit de la scène du pauvre. Son raisonnement
      (« deux et deux sont quatre ») est de type rationnel. Et Sganarelle de rétorquer: « Votre religion à ce que je vois est donc l’arithmétique ». On peut y voir une référence implicite au contexte
      signalé plus haut (le mathématicien Gassendi).
    • Par son matérialisme: Dom juan refuse de croire aux phénomènes tels que l’apparition du Commandeur (Acte I, scène 2). Il pense que c’est une mascarade ou une illusion d’optique
      (acte IV, scène 1): « Nous pouvons avoir été trompés par un faux-jour ».

II- « L’épouseur » ou le mépris du sacrement et de la vertu chrétienne

Les trois exemples de provocation sont :

      • le mépris du mariage qui est l’un des sacrements de l’Eglise. Par son libertinage de moeurs, il​ bafoue l’engagement solennel pris devant Dieu. Il pousse la provocation en multipliant les conquêtes et les mariages. Sganarelle dit à l’acte I, scène 1: « c’est un épouseur à toutes mains ».
      • Dans la tentation du pauvre (acte III, scène 2), Dom juan méprise la charité chrétienne qui est une vertu. Le Pauvre joue le rôle du croyant fervent et Dom Juan celui du diable
        tentateur qui demande au Pauvre de « jurer » pour obtenir un louis d’or. Or jurer équivaut à un blasphème.
      • Il feint la dévotion à l’acte V, scène 2 pour échapper à la justice du roi. Il joue le rôle du faux-dévot celui même que joue Tartuffe (la pièce homonyme a été censuré). Cette
        hypocrisie heurte la religion de plein fouet.

III- Le duel : Dom Juan contre Dieu

La rhétorique de Dom Juan est fondamentale aussi bien dans les scènes de séduction que dans celles où il déploie une maîtrise particulière du langage religieux. Acte V, scène 1, il utilise tous les mots adéquats pour jouer devant son père une comédie, celle de la conversion. Donc son combat contre la religion se déploie au niveau des actes, des pensées mais aussi des paroles. Ce combat qu’il mène peut être compris comme un véritable duel entre dom juan et Dieu. En effet, il dit: « C’est une affaire entre le ciel et moi » (Acte I, scène 2). Donc depuis le début, il s’agit de provoquer Dieu jusqu’à la sentence finale censée en quelque sorte prouver son existence:  » Si le ciel me donne un avis, il faut qu’il parle un peu plus clairement, s’il veut que je l’entende ». La lecture de la sentence appartient en réalité au spectateur.

Conclusion

Dom Juan est un personnage scandaleux pour le siècle. Il remet en cause le dogme religieux par ses actes, ses pensées et ses paroles. Son jeu est complexe et bien souvent à double sens notamment dans les scènes où il joue l’hypocrisie de la conversion. En maintenant ce double jeu, Molière permet au spectateur de bien dissocier les termes de l’affrontement le laissant libre d’adopter la position qu’il voudra de façon avouée et /ou secrète.

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